Hommage : Georges Taï Benson, la voix qui a bercé des générations de téléspectateurs ivoiriens

Georges Taï Benson, figure historique de la RTI et créateur de « Variétoscope » et « Benson reçoit », s'est éteint le 25 septembre 2026 à 80 ans, laissant un héritage immense dans l'audiovisuel ivoirien
Il y a des voix qui traversent les décennies sans jamais vraiment nous quitter. Celle de Georges Taï Benson s'est tue vendredi 25 septembre 2026, à l'Institut de cardiologie d'Abidjan. L'homme avait 80 ans. Et avec lui, c'est un pan entier de l'histoire de la télévision ivoirienne qui s'éteint.
La nouvelle a d'abord couru sur les réseaux sociaux, comme souvent, avant d'être confirmée par ses proches. Puis elle s'est répandue, de plateau en plateau, de studio en studio, chez tous ceux qui, un jour, ont grandi avec lui à l'écran.
Le jeune homme de Treichville qui allait façonner la RTI
Georges Taï Benson est né le 25 janvier 1946 à Treichville. Rien, a priori, ne le destinait à devenir l'un des visages les plus familiers du pays. Après une formation en art dramatique et quelques stages en France, il pousse les portes de la RTI en décembre 1965. Il n'a pas encore vingt ans.
Ses débuts se font avec « Rythme et tradition ». Très vite, quelque chose se passe : le public l'adopte. Il a ce mélange rare de présence et de chaleur qui fait les grands animateurs, ceux qu'on invite chaque semaine dans son salon sans jamais s'en lasser.
Benson reçoit, Variétoscope : des émissions devenues des rendez-vous familiaux
Dans les années 1970, 1980 et 1990, deux titres reviennent sans cesse quand on évoque son nom : « Benson reçoit » et « Variétoscope ». Cette dernière, une émission chorégraphique diffusée sur La Première, n'était pas qu'un simple programme de divertissement. Elle a été, pendant des années, une vitrine pour les danses traditionnelles, les cultures locales et surtout pour de jeunes talents qui n'auraient peut-être jamais eu leur chance ailleurs.
C'est aussi ça, l'héritage de Georges Taï Benson : ne pas s'être contenté d'occuper l'écran, mais avoir ouvert la porte à d'autres.
Un homme qui a formé sans jamais s'en vanter
Ceux qui l'ont côtoyé le décrivent comme un formateur discret mais déterminant. Plusieurs générations d'animateurs, de producteurs et d'artistes ivoiriens lui doivent quelque chose, souvent un conseil donné en coulisses, parfois une opportunité qu'il a su leur offrir au bon moment.
Son parcours a été salué à plusieurs reprises : Chevalier de l'Ordre national de Côte d'Ivoire, Officier du mérite sportif, Chevalier du mérite agricole, et même la médaille d'or de la Jeunesse et des Sports de France. Signe de l'empreinte qu'il a laissée dans la musique ivoirienne, le trophée du Super Prix des RTI Music Awards porte aujourd'hui son nom.
« Des hommages à titre costume, pas à titre posthume »
Georges Taï Benson avait une phrase qui résumait toute sa philosophie de vie : il voulait qu'on célèbre les gens de leur vivant, et non seulement après leur départ. Une manière de dénoncer, avec sa verve habituelle, cette tendance qu'ont les sociétés à ne rendre hommage aux talents que lorsqu'il est trop tard pour qu'ils l'entendent.
Dans le milieu audiovisuel, l'émotion est vive. Barthélémy Inabo Zouzoua, qui a longtemps travaillé à ses côtés, confiait, encore sous le choc : « Je suis un peu dépassé. Quand on perd quelqu'un d'aussi proche, on reste toujours sous le choc. »
Les circonstances médicales exactes de son décès n'ont pas été précisées publiquement. Mais au-delà des questions qui subsistent, une chose demeure certaine : Georges Taï Benson laisse derrière lui bien plus qu'une carrière. Il laisse une manière d'être à l'écran, une exigence, et le souvenir d'un homme qui a donné une chance à ceux qui venaient après lui.
