Côte d’Ivoire : Sidi Tiémoko Touré annonce la suppression de la TVA sur les aliments et intrants d’élevage

Le 26 octobre 2026, Sidi Tiémoko Touré a annoncé le retour à une TVA de 0 % sur les aliments et les intrants destinés à l’élevage en Côte d’Ivoire pour l’exercice 2026-2027
Le secteur de l’élevage en Côte d’Ivoire bénéficie d’un nouvel allègement fiscal. Le lundi 26 octobre 2026, le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a annoncé le retour à un taux de TVA de 0 % sur les aliments destinés aux animaux et leurs intrants pour l’exercice 2026-2027. Cette décision intervient après plusieurs mois de démarches engagées par les organisations professionnelles pour obtenir une réduction des charges pesant sur les producteurs.
Cette annonce apporte une réponse aux préoccupations exprimées par les acteurs de la filière, confrontés à la hausse des coûts de production. Elle marque également une nouvelle évolution de la fiscalité applicable à l’alimentation animale, après l’instauration d’un taux réduit de 9 % au début de l’année 2026.
Pour les éleveurs, l’enjeu est de taille. Le coût de l’alimentation représente une part importante des dépenses nécessaires à la production de volailles, de porcs et d’autres animaux d’élevage. La réduction de cette charge pourrait contribuer à améliorer la rentabilité des exploitations et à soutenir la production locale.
La fiscalité sur les aliments pour animaux a connu plusieurs changements en moins d’un an. Jusqu’à la fin de 2025, ces produits bénéficiaient d’une exonération de TVA. La loi de finances pour 2026 a ensuite supprimé cet avantage, avec une application initialement envisagée du taux normal de 18 %.
Face aux inquiétudes des professionnels, un taux réduit de 9 % a été appliqué à compter du 17 janvier 2026. Cette mesure transitoire visait à atténuer les conséquences de la réforme fiscale sur les exploitants et les fabricants d’aliments pour animaux.
L’annonce faite par Sidi Tiémoko Touré le 26 octobre 2026 marque une nouvelle étape avec le retour annoncé à un taux de 0 % pour l’exercice 2026-2027.
Cette évolution traduit la volonté de prendre en compte les difficultés rencontrées par les acteurs de l’élevage, tout en soutenant une filière importante pour l’approvisionnement du marché national en protéines animales.
Dans les élevages, l’alimentation constitue l’un des principaux postes de dépenses. Elle peut représenter plus de 60 % des coûts de production, selon les données relayées sur le secteur. Le prix des matières premières utilisées dans la fabrication des aliments, notamment le maïs et le soja, pèse donc directement sur l’équilibre financier des exploitations.
La suppression de la TVA pourrait alléger une partie des charges supportées par les fabricants et les producteurs. Elle pourrait également contribuer à améliorer la compétitivité des élevages ivoiriens, notamment dans les filières avicole et porcine.
Toutefois, les effets réels dépendront de l’application effective de la mesure et de la manière dont les économies fiscales seront répercutées tout au long de la chaîne de production.
Au-delà des exploitants, cette décision soulève une question importante pour les ménages : le prix du poulet, des œufs et des autres produits d’origine animale pourrait-il diminuer sur les marchés ivoiriens ?
L’allègement fiscal peut contribuer à réduire les coûts, mais il ne garantit pas automatiquement une baisse des prix de vente. Ceux-ci dépendent aussi du coût des matières premières, du transport, de l’énergie et des autres dépenses supportées par les producteurs et les distributeurs.
L’évolution des prix au cours des prochains mois permettra donc de mieux apprécier les retombées concrètes de la mesure. Les réactions des organisations professionnelles et le suivi des marchés seront également déterminants pour évaluer son impact.
À travers cette décision, les autorités entendent aussi soutenir la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire. Le développement de l’élevage local constitue un enjeu important pour répondre à la demande des consommateurs et limiter la dépendance aux produits importés.
La réduction de la fiscalité sur les aliments et les intrants peut accompagner cet objectif, mais elle devra s’inscrire dans une stratégie plus large. L’amélioration de la disponibilité des matières premières locales, le renforcement des capacités de production et la maîtrise des coûts restent essentiels pour assurer la compétitivité de la filière.
L’annonce de Sidi Tiémoko Touré ouvre ainsi une nouvelle perspective pour les professionnels de l’élevage. Après les ajustements fiscaux du début de l’année, le retour annoncé à une TVA de 0 % est attendu comme un soutien aux producteurs. Il reste désormais à observer comment cette mesure se traduira dans les coûts de production et, éventuellement, dans les prix payés par les consommateurs.
