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Journée mondiale de la santé mentale : à Port-Bouët, la Côte d’Ivoire mobilisée pour briser les tabous

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 13 octobre 2026 à 14:36
Journée mondiale de la santé mentale : à Port-Bouët, la Côte d’Ivoire mobilisée pour briser les tabous

À Port-Bouët, la Journée mondiale de la santé mentale 2026 a été marquée par des consultations gratuites, des séances d’écoute et des échanges communautaires pour lutter contre la stigmatisation

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le samedi 10 octobre 2026, l’Hôpital général de Port-Bouët, à Abidjan, a accueilli une activité de sensibilisation placée sous le thème « Entendre la voix des personnes concernées, des familles et des communautés ». Au programme : consultations gratuites, séances d’écoute et échanges pour améliorer la compréhension des troubles mentaux.

Parler de sa souffrance psychologique reste difficile pour de nombreuses personnes. Par peur du jugement, par honte ou faute d’un accompagnement adapté, certaines préfèrent garder leur mal-être pour elles. C’est contre ce silence que le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, à travers le Programme national de santé mentale (PNSM), a mobilisé les populations à Port-Bouët.

L’activité, organisée dans le cadre de la Journée mondiale de la santé mentale, a mis l’accent sur l’écoute et la participation des personnes directement concernées, de leurs familles et des communautés.

À l’Hôpital général de Port-Bouët, des séances d’écoute, d’orientation et des consultations psychologiques gratuites ont été proposées à la population. L’objectif est de faciliter l’accès à l’information et d’encourager les personnes en difficulté à solliciter une aide adaptée.

Des échanges communautaires ont également réuni des professionnels de santé, des familles et des personnes ayant vécu des troubles mentaux. Ces rencontres permettent de mieux comprendre les réalités vécues par les patients et de rappeler le rôle essentiel de l’entourage dans leur accompagnement.

Au-delà des consultations, la mobilisation vise à combattre les préjugés qui entourent encore les maladies mentales. Car la dépression, l’anxiété ou d’autres troubles psychologiques ne doivent pas être considérés comme des signes de faiblesse ni comme des motifs d’exclusion.

Les données disponibles mettent en évidence les défis du pays. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Côte d’Ivoire comptait en 2023 moins de 100 professionnels spécialisés en santé mentale pour une population dépassant les 29 millions d’habitants. Le pays disposait alors de 34 centres conventionnels de prise en charge, où environ 60 000 personnes atteintes de maladies mentales étaient suivies.

Une synthèse de l’OMS publiée en 2025 indique par ailleurs que seuls 5 % des établissements sanitaires évalués proposaient des services de prise en charge des troubles mentaux tels que la dépression, la psychose et les troubles bipolaires.

Ces données, issues de périodes différentes, ne constituent pas un bilan actualisé de 2026, mais illustrent les besoins en matière de personnel qualifié et d’accès aux soins.

À Port-Bouët, le message porté par cette journée dépasse le cadre hospitalier. Il invite les familles, les établissements scolaires, les entreprises et les communautés à accorder davantage d’attention à la santé psychologique.

Écouter un proche sans le culpabiliser, reconnaître les signes de détresse et encourager une consultation auprès d’un professionnel sont autant de gestes qui peuvent contribuer à rompre l’isolement.

En mettant les personnes concernées au cœur des échanges, la Journée mondiale de la santé mentale rappelle une nécessité : mieux soigner commence aussi par mieux écouter. En Côte d’Ivoire, briser les tabous demeure une étape essentielle pour permettre à chacun de demander de l’aide sans honte et d’accéder à un accompagnement adapté.