Côte d’Ivoire : peste porcine, Blé Goudé et les éleveurs réclament 15 milliards FCFA d’indemnisation

Charles Blé Goudé et l’ UNASCEPORCI réclament 15 milliards FCFA d’indemnisations pour les éleveurs touchés par la peste porcine africaine. Ils appellent également l’État à soutenir la production locale
La crise que traverse la filière porcine ivoirienne continue de susciter des inquiétudes. Entre les pertes liées à la peste porcine africaine, les indemnisations toujours attendues et la pression des importations, les éleveurs appellent les autorités à agir rapidement. À Yopougon, le samedi 24 octobre 2026, Charles Blé Goudé s’est associé à leur mobilisation pour défendre les intérêts d’un secteur dont il affirme lui-même subir les difficultés.
Aux côtés de l’Union nationale des sociétés coopératives des éleveurs de porcs de Côte d’Ivoire (UNASCEPORCI), l’ancien responsable politique est intervenu en tant qu’éleveur concerné par la crise. Son message rejoint celui des professionnels : il faut apporter des réponses concrètes aux producteurs qui peinent à se relever après les abattages sanitaires effectués pour lutter contre la maladie.
La principale revendication des éleveurs porte sur le versement de 15 milliards de FCFA d’indemnisations. Cette somme est réclamée pour compenser les pertes subies par les producteurs dont les animaux ont été abattus dans le cadre de la lutte contre la peste porcine africaine.
Pour les exploitants concernés, ces pertes ne se limitent pas à la disparition des animaux. Elles touchent également les investissements consentis pour développer les élevages, les revenus des familles et la capacité à poursuivre les activités.
Sans compensation suffisante, la reprise devient particulièrement difficile pour les producteurs qui doivent reconstituer leurs cheptels et financer de nouveaux cycles d’élevage.
C’est dans ce contexte que Charles Blé Goudé et les représentants de l’ UNASCEPORCI demandent à l’État de faire avancer le dossier. Leur attente est claire : obtenir le paiement des sommes réclamées et permettre aux éleveurs de retrouver progressivement une activité viable.
Les revendications exprimées à Yopougon dépassent toutefois la seule question des indemnisations. Les professionnels souhaitent également des mesures capables de protéger durablement la production nationale.
Parmi les propositions avancées figure l’instauration d’une taxe sur les importations de viande de porc. Selon les défenseurs de cette mesure, les ressources mobilisées pourraient contribuer au financement et au développement de la filière locale.
Cette proposition intervient alors que la production ivoirienne reste très inférieure aux besoins du marché. Les chiffres avancés par les acteurs du secteur situent la demande nationale entre 60 000 et 115 000 tonnes par an, contre une production locale estimée à environ 15 000 tonnes.
Ce décalage traduit une forte dépendance aux importations. Pour les éleveurs, le renforcement de la production nationale doit donc devenir une priorité afin de réduire progressivement cet écart et de créer de meilleures conditions pour les exploitations ivoiriennes.
La mise en place d’une taxe nécessiterait néanmoins une évaluation de ses effets sur les prix de vente, le pouvoir d’achat des consommateurs et la disponibilité de la viande sur le marché.
Au-delà de l’argent attendu, les professionnels demandent un accompagnement technique adapté à leurs difficultés. Ils souhaitent notamment que les listes des producteurs éligibles aux indemnisations soient actualisées afin de mieux prendre en compte les exploitations affectées.
Cette démarche est importante pour garantir que les pertes soient recensées de manière aussi précise que possible et que les producteurs concernés puissent faire valoir leurs droits.
L’appui technique constitue un autre volet essentiel de la relance. La prévention de la peste porcine africaine exige des mesures de biosécurité rigoureuses, une surveillance sanitaire et un accompagnement des éleveurs dans l’application des bonnes pratiques.
La reconstitution des cheptels doit également se faire dans des conditions permettant de limiter les risques de nouvelles contaminations. Sans ces précautions, les exploitations pourraient rester exposées à de nouvelles pertes.
Pour l’ UNASCEPORCI et les producteurs mobilisés, il s’agit donc de combiner les indemnisations, la prévention sanitaire et des mesures économiques favorables à la production locale.
La mobilisation du 24 octobre à Yopougon remet sur la table les difficultés d’un secteur confronté à plusieurs défis simultanés. La crise sanitaire a fragilisé des exploitations, tandis que la concurrence des produits importés complique les perspectives de reprise pour les producteurs locaux.
Le paiement des 15 milliards FCFA réclamés apparaît comme une urgence pour les éleveurs concernés. Mais la reconstruction de la filière dépendra également de la capacité des autorités et des professionnels à mettre en place des solutions durables.
Un élevage porcin plus solide pourrait contribuer à améliorer l’approvisionnement du marché, à préserver des emplois et à renforcer la production nationale. Encore faut-il que les producteurs disposent des moyens financiers, techniques et sanitaires nécessaires pour développer leurs activités.
À Yopougon, Charles Blé Goudé et les représentants de l’ UNASCEPORCI ont ainsi porté un message qui dépasse les intérêts individuels : la nécessité de donner aux éleveurs les moyens de se relever et de participer davantage à l’approvisionnement alimentaire
