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Nobel de médecine 2026 : trois chercheurs récompensés pour avoir apprivoisé le cerveau avec la lumière

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 6 octobre 2026 à 11:43
Nobel de médecine 2026 : trois chercheurs récompensés pour avoir apprivoisé le cerveau avec la lumière

Le Nobel de médecine 2026 récompense Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel pour leurs découvertes sur les canaux ioniques activés par la lumière et l’optogénétique

La lumière au service du cerveau. Le prix Nobel de physiologie ou de médecine 2026 a été attribué ce lundi 5 octobre à l’Américain Karl Deisseroth et aux Allemands Peter Hegemann et Georg Nagel, pour leurs découvertes sur les canaux ioniques activés par la lumière et le développement de l’optogénétique. (Prix Nobel)  

 Derrière ce vocabulaire scientifique se cache une avancée majeure : les travaux des trois chercheurs ont permis de développer une méthode capable de contrôler l’activité de cellules nerveuses grâce à la lumière. Une révolution pour les neurosciences, car elle permet aux chercheurs d’observer beaucoup plus précisément le fonctionnement du cerveau vivant. (Prix Nobel)

L’histoire commence avec les travaux de Peter Hegemann et Georg Nagel. Les deux scientifiques ont étudié des protéines photosensibles présentes chez des algues unicellulaires. Ils ont notamment contribué à comprendre le rôle de la channelrhodopsine, une protéine capable de réagir à la lumière et de provoquer le passage d’ions à travers la membrane d’une cellule.  

Cette découverte a ouvert une porte inattendue : si une protéine pouvait rendre une cellule sensible à la lumière, pourquoi ne pas utiliser le même principe pour contrôler des cellules nerveuses ?  

C’est précisément dans cette direction que s’est engagé Karl Deisseroth. Le chercheur américain a contribué à adapter cette technologie aux neurones, permettant aux scientifiques d'activer ou d'inhiber certaines cellules cérébrales à l'aide de signaux lumineux.  

L’optogénétique offre ainsi aux chercheurs un outil d’une précision exceptionnelle pour étudier les circuits neuronaux. Elle permet notamment d’examiner les cellules impliquées dans la mémoire, les émotions et les comportements et de mieux comprendre certains mécanismes liés aux maladies neurologiques et psychiatriques. (Prix Nobel)  

La portée de cette découverte dépasse donc largement le laboratoire. Ces recherches nourrissent aujourd’hui de nouvelles pistes dans l’étude de troubles du cerveau et dans le développement de futures approches thérapeutiques.  

Avec ce Nobel, Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel voient ainsi plusieurs décennies de recherche fondamentale consacrées. Leur découverte montre surtout comment une observation réalisée sur une minuscule algue a pu contribuer à transformer la manière dont les scientifiques explorent l’organe le plus complexe du corps humain : le cerveau.