Mali : plus de 100 soldats tués dans l'attaque du camp de Dioura

Au moins 100 soldats maliens et cinq paramilitaires d'Africa Corps ont été tués à Dioura le 10 septembre, dans une attaque revendiquée par le JNIM
Le JNIM a revendiqué l'assaut du 10 septembre, l'un des plus meurtriers contre l'armée malienne depuis le début du conflit. L'armée n'a publié aucun bilan officiel.
Au moins 100 militaires maliens et cinq paramilitaires russes d'Africa Corps ont été tués le 10 septembre lors d'une attaque jihadiste contre le camp militaire de Dioura, dans le centre du Mali, selon des sources militaire, sécuritaire et locale citées par l'AFP vendredi 18 septembre.
Ce bilan est nettement supérieur aux premières estimations, qui faisaient état d'au moins 50 morts. Un officier de l'état-major général des armées et un élu local ont confirmé le chiffre de 100 à l'AFP. Une source sécuritaire à Mopti, qui a requis l'anonymat, précise que deux officiers figurent parmi les victimes et parle d'un « drame d'une ampleur inédite ».
Une attaque revendiquée par le JNIM
L'assaut a été revendiqué par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Il fait partie des plus meurtriers subis par l'armée malienne depuis le début du conflit, il y a une quinzaine d'années.
Selon la source sécuritaire, les militaires ont manqué de soutien aérien, et beaucoup d'entre eux effectuaient leur premier déploiement sur le terrain. Dans une vidéo publiée par le JNIM, un homme présenté comme un soldat malien prisonnier affirme, en bambara, que les troupes se sont repliées après « plus de trois heures de combat » et ont perdu plusieurs hommes. Cette vidéo, diffusée par le groupe jihadiste, n'a pas pu être authentifiée de manière indépendante.
Pas de bilan officiel
L'armée malienne n'a pas communiqué de bilan. Elle annonce depuis plusieurs jours des opérations « contre les assaillants de Dioura ». Les chiffres disponibles reposent donc uniquement sur des sources anonymes.
Un camp déjà visé à plusieurs reprises
Situé dans le cercle de Ténenkou, Dioura est une cible récurrente :
- mars 2019 : attaque du JNIM, au moins 26 soldats tués selon Bamako et l'ONU
- 2023 : attaque de rebelles touareg, près de 100 soldats maliens et russes tués
- 23 mai 2025 : nouvelle attaque du JNIM, environ 41 soldats tués.
Le Mali est plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire alimentée par les jihadistes, leurs alliés indépendantistes touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) et des groupes criminels communautaires. Dirigé par une junte, le pays s'est rapproché de la Russie, dont les paramilitaires d'Africa Corps soutiennent l'armée dans la lutte antijihadiste.
L'attaque de Dioura confirme la pression que le JNIM exerce sur l'armée malienne, malgré l'appui des paramilitaires russes d'Africa Corps. Avec plus de 100 soldats tués, le bilan en fait l'un des pires revers subis par Bamako en quinze ans de conflit. Il survient dans un camp déjà frappé en 2019, en 2023 et en mai 2025, ce qui pose la question de la protection des garnisons isolées, souvent sans renforts ni soutien aérien.
Le silence des autorités laisse pour l'instant l'essentiel du récit à des sources anonymes et aux canaux du groupe jihadiste. Les prochains jours diront si l'armée publie un bilan officiel, si elle reprend le contrôle du secteur et si les zones d'ombre de cette attaque (blessés, prisonniers, matériel emporté) sont éclaircies.
