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Gaza : l’enclave compte le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde

Par ESSOH EmmanuelLe lundi 5 octobre 2026 à 10:51
Gaza : l’enclave compte le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde

Gaza compte le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde. Près de 4 000 mineurs auraient perdu un ou plusieurs membres, dans des conditions médicales extrêmement difficiles

À Gaza, la guerre ne se mesure pas seulement au nombre de morts et de blessés. Elle se lit aussi dans les corps d’enfants qui ont perdu une jambe, un bras, parfois plusieurs membres. Pour ces jeunes victimes, la blessure ne s’arrête pas au moment où les combats cessent : elle peut devenir une réalité pour toute une vie.  

  Selon des estimations citées par l' UNRWA et des organisations humanitaires, près de 4 000 enfants auraient été amputés depuis le début de la guerre. Le chiffre reste difficile à établir avec précision, compte tenu de l’effondrement du système de santé et des difficultés à recenser les victimes.  

  Gaza détient ainsi, selon l’ UNRWA, le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde. Au plus fort des combats, des organisations humanitaires ont rapporté que 10 à 15 enfants pouvaient perdre chaque jour un ou plusieurs membres.  

   Derrière ces chiffres se cachent des histoires d’enfants dont l’existence a basculé en quelques secondes. Une explosion, l’effondrement d’un bâtiment ou une blessure grave peuvent transformer définitivement leur quotidien.  

  Les hôpitaux gazaouis, eux-mêmes fortement touchés par les combats, doivent prendre en charge un nombre considérable de blessés avec des ressources limitées. Les pénuries de médicaments, de matériel chirurgical et d’anesthésiants compliquent considérablement les interventions.  

  Pour certains enfants, l’amputation devient alors une mesure de survie dans un système médical soumis à une pression exceptionnelle.  

  La perte d’un membre n’est pourtant que le début d’un long parcours médical. Il faut ensuite soigner les plaies, prévenir les infections, assurer la rééducation et, lorsque cela est possible, adapter une prothèse.  

  Pour un enfant, cette prise en charge est encore plus complexe. Son corps continue de grandir, ce qui implique des adaptations régulières et parfois de nouvelles interventions chirurgicales.  

  Or Gaza manque cruellement de spécialistes, de matériel de réadaptation et de prothèses. Les restrictions sur l’entrée de certains équipements rendent encore plus difficile l’accès à ces soins.  

   À la souffrance physique s’ajoute le traumatisme psychologique. Ces enfants doivent apprendre à vivre avec un corps transformé alors qu’ils sont encore en pleine construction.  

  Courir, jouer, aller à l’école ou simplement se déplacer peuvent devenir des défis quotidiens. Dans les camps de déplacés, où l’accès aux soins et aux infrastructures adaptées reste extrêmement limité, le handicap complique encore davantage leur vie.  

  Et derrière chaque enfant amputé, il y a une famille qui doit elle aussi apprendre à vivre avec cette nouvelle réalité.  

   Le drame des enfants amputés de Gaza dépasse donc la seule question médicale. Il pose celle de l’avenir d’une génération d’enfants dont la croissance, l’éducation et les rêves sont désormais marqués par la guerre.  

  Pour eux, la fin des combats ne signifiera pas nécessairement la fin des souffrances. Il faudra reconstruire les hôpitaux, former des spécialistes, fournir des prothèses et assurer un suivi médical et psychologique pendant des années.  

  Ces enfants auront besoin de bien plus que de soins d’urgence. Ils auront besoin de pouvoir retrouver une vie d’enfant, malgré les blessures que la guerre leur a laissées.