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France : la colère des lycéens rattrapée par la politique et les groupes encagoulés ?

Par ESSOH EmmanuelLe samedi 3 octobre 2026 à 17:53
France : la colère des lycéens rattrapée par la politique et les groupes encagoulés ?

La mobilisation des lycéens en France prend une tournure politique. Entre revendications scolaires, accusations d’instrumentalisation et présence de groupes encagoulés, le mouvement change de visage

Ce qui était parti de revendications sur les conditions d’études prend une tournure de plus en plus politique en France. Depuis plusieurs jours, les blocus de lycées se multiplient et certains rassemblements dégénèrent en affrontements avec les forces de l’ordre.

Au cœur du mouvement, les lycéens dénoncent notamment le manque d’enseignants, les difficultés de remplacement, l’état de certains établissements et les problèmes liés à Parcoursup. Mais autour de cette colère réelle se développent désormais des accusations d’instrumentalisation politique.

Le Gouvernement accuse notamment La France insoumise (LFI) et des groupes de l’ultragauche de chercher à amplifier la mobilisation. Une note du renseignement de la préfecture de police de Paris, fait état de la présence de militants d’organisations politiques ou syndicales proches de l’extrême gauche lors de certains blocages. Des appels d’élus LFI à rejoindre la mobilisation sont également mentionnés.

LFI rejette cependant toute idée de manipulation. Le député Manuel Bompard a dénoncé une accusation « ridicule », estimant que le mouvement trouve d’abord son origine dans les difficultés rencontrées par les élèves et les personnels.

Autre élément qui inquiète les autorités : la présence, sur certains sites, d’individus qui ne seraient pas des lycéens. Des personnes encagoulées et vêtues de noir auraient participé à des dégradations et à des violences autour de plusieurs établissements.

Ces groupes sont désormais au centre des préoccupations sécuritaires. Leur présence contribue à brouiller davantage la frontière entre les jeunes mobilisés pour leurs revendications scolaires et ceux qui profiteraient des rassemblements pour provoquer des affrontements.

Pour autant, les éléments disponibles ne permettent pas d’affirmer que l’ensemble du mouvement lycéen serait organisé ou piloté par un parti politique. Les renseignements eux-mêmes décrivent une mobilisation largement spontanée, même si des organisations militantes cherchent désormais à l’accompagner.

À quelques jours d’une nouvelle journée de mobilisation annoncée pour le 6 octobre, la situation reste donc difficile à maîtriser.

La colère scolaire est bien réelle, mais elle se retrouve désormais au croisement de revendications sociales, de stratégies politiques et de violences commises par des groupes dont l’identité et les motivations restent, dans plusieurs cas, à établir.