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Côte d’Ivoire : Akwaba City abandonné, SOPHIA SA promet de rembourser 3 milliards FCFA aux enseignants du MIDD

Par ESSOH EmmanuelLe jeudi 29 octobre 2026 à 13:01
Côte d’Ivoire : Akwaba City abandonné, SOPHIA SA promet de rembourser 3 milliards FCFA aux enseignants du MIDD

SOPHIA SA annonce l’arrêt définitif du programme immobilier MIDD lié à Akwaba City et promet de rembourser intégralement environ 3 milliards de FCFA aux enseignants souscripteurs. Le calendrier des paiements reste à préciser

C’est la fin d’une longue attente pour les enseignants qui espéraient accéder à la propriété grâce au programme immobilier MIDD, associé au projet de ville nouvelle Akwaba City. Après plusieurs années d’incertitude, le promoteur SOPHIA SA a annoncé l’arrêt définitif de cette opération et son engagement à restituer l’intégralité des cotisations versées, pour un montant estimé à 3 milliards de FCFA. L’annonce a été faite le mercredi 28 octobre 2026 par Touré Ahmed Bouah, président-directeur général de l’entreprise, lors d’une rencontre organisée à la Cathédrale Saint-Paul du Plateau, à Abidjan.

Pour les souscripteurs, cette décision marque un tournant. Le projet immobilier auquel ils avaient associé leur espoir de devenir propriétaires ne se poursuivra finalement pas. Désormais, leur principale attente porte sur la récupération effective de leur argent.

Le programme immobilier MIDD avait été conçu dans le cadre d’un partenariat entre SOPHIA SA et le Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs droits. Il devait offrir aux enseignants une possibilité de concrétiser leur ambition immobilière grâce à un dispositif de souscription.

Mais au fil des années, les difficultés se sont accumulées. Alors que les bénéficiaires attendaient la concrétisation de leurs projets, plusieurs obstacles administratifs, fonciers et organisationnels ont compromis l’avancement de l’opération.

Lors de son intervention, Touré Ahmed Bouah a notamment mis en avant l’absence d’un arrêté d’approbation administrative nécessaire à la réalisation du programme. Selon ses explications, le titre de concession définitive (TCD) initialement obtenu ne suffisait pas, à lui seul, à permettre le lancement des infrastructures envisagées.

Cette difficulté a pesé sur la poursuite du projet. Dans le secteur immobilier, disposer d’un titre foncier ou d’un droit de concession ne signifie pas automatiquement que toutes les autorisations nécessaires à l’aménagement et à la construction sont réunies. Lorsque certaines formalités administratives restent en suspens, la réalisation des travaux peut être retardée, voire compromise.

Pour le programme MIDD, cette situation a contribué à maintenir le projet dans l’impasse. Face à l’absence de conditions jugées indispensables à sa réalisation, SOPHIA SA a finalement décidé de tourner la page.

L’absence d’autorisation n’est pas le seul problème évoqué par le dirigeant de SOPHIA SA. Il a également fait état de difficultés de gouvernance, de lourdeurs administratives et de divisions internes qui auraient progressivement paralysé le programme.

À ces contraintes se sont ajoutées des inquiétudes liées à la sécurisation foncière. La superposition de revendications sur certaines superficies faisait craindre une multiplication des litiges autour des terrains concernés.

Un tel scénario aurait pu compliquer davantage l’aménagement, fragmenter les espaces disponibles et entraîner de longues procédures judiciaires. Pour un programme destiné à accueillir des projets immobiliers, ces incertitudes représentaient un risque important.

Dans ces conditions, poursuivre l’opération aurait pu prolonger l’attente des souscripteurs sans garantir que leurs projets aboutiraient. La décision d’arrêter définitivement le programme apparaît ainsi, du point de vue de SOPHIA SA, comme une manière de mettre un terme à une situation devenue difficilement viable.

L’annonce la plus attendue concerne naturellement le remboursement des cotisations. SOPHIA SA s’est engagée à restituer intégralement environ 3 milliards de FCFA aux enseignants ayant participé au programme.

Derrière ce montant global se trouvent les contributions de nombreux souscripteurs qui avaient consacré une partie de leurs ressources à leur projet d’accession à la propriété. Pour eux, l’abandon du programme représente une déception, mais la perspective d’un remboursement ouvre la possibilité de récupérer les sommes immobilisées.

Il reste toutefois une étape essentielle à franchir : passer de l’engagement annoncé aux paiements effectifs.

La direction de SOPHIA SA a indiqué que la mise en œuvre du remboursement nécessitait notamment une clarification des comptes individuels des enseignants. Cette opération doit permettre de vérifier les montants versés par chaque bénéficiaire et de déterminer les sommes à restituer.

À ce stade, le calendrier précis des paiements reste à définir. Les souscripteurs devront donc encore attendre des indications concrètes sur les échéances et les modalités de restitution.

L’enjeu sera de rendre le processus aussi clair que possible, afin que chaque bénéficiaire puisse connaître sa situation et suivre l’évolution de son dossier. Car si l’annonce du remboursement constitue un signal important, c’est bien la réception effective des fonds qui permettra aux enseignants de mesurer la portée de cet engagement.

En parallèle, Touré Ahmed Bouah a annoncé que son entreprise entendait saisir les instances compétentes afin de faire examiner les responsabilités et les préjudices financiers qu’elle estime avoir subis au cours du développement du projet.

Cette démarche ouvre la voie à un examen des circonstances qui ont conduit à l’échec du programme. Elle pourrait permettre aux instances concernées d’apprécier les responsabilités éventuelles et les conséquences financières évoquées par l’entreprise.

Il convient néanmoins de distinguer les déclarations du promoteur des conclusions qui pourraient être rendues à l’issue de telles démarches. À ce stade, aucune responsabilité ne peut être considérée comme définitivement établie sur la seule base de ces annonces.

L’arrêt du programme immobilier MIDD constitue un changement majeur pour les enseignants qui comptaient sur Akwaba City pour devenir propriétaires. Après plusieurs années d’attente, leur priorité n’est plus la réalisation des logements envisagés, mais la récupération de leur épargne.

Les prochaines étapes seront donc déterminantes. La clarification des comptes individuels, la publication d’un calendrier de remboursement et le suivi des paiements permettront d’apprécier concrètement la mise en œuvre de l’engagement pris par SOPHIA SA.

Cette affaire rappelle également l’importance des autorisations administratives, de la gouvernance et de la sécurisation foncière dans la conduite des projets immobiliers. Lorsqu’un de ces éléments fait défaut, les conséquences peuvent se répercuter sur l’ensemble de l’opération et sur les personnes qui y ont investi leurs économies.

Pour les enseignants du MIDD, le message est désormais clair : le projet immobilier ne se poursuivra pas, mais le promoteur promet de restituer les quelque 3 milliards de FCFA de cotisations. La prochaine échéance sera celle des actes. Car au-delà de l’annonce faite à Abidjan, les souscripteurs attendent surtout de voir leur argent revenir effectivement sur leurs comptes.