Côte d’Ivoire : le FIRCA veut mieux encadrer l’usage du bois d’hévéa comme combustible

Le FIRCA appelle à une évaluation scientifique et à un encadrement de l’utilisation du bois d’hévéa comme combustible, notamment au regard des fumées produites
Le bois d’hévéa pourrait-il présenter des risques pour la santé lorsqu’il est utilisé comme combustible ? La question mérite désormais une étude scientifique approfondie. Le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) a appelé, le 28 septembre 2026, à une évaluation scientifique et à un encadrement rigoureux de l’utilisation de cette ressource en Côte d’Ivoire.
Cette interpellation intervient après la restitution du rapport provisoire d’une étude commanditée par le FIRCA et l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC) et réalisée par le cabinet INTERFORM-CI.
Le pays dispose d’un important potentiel en bois issu des plantations d’hévéa arrivées en fin de cycle. Celui-ci est estimé à environ 1,81 million de m³ de bois d’énergie par an.
Cette ressource est déjà largement utilisée. Dans les ménages, elle sert notamment de bois de chauffe. On la retrouve également dans les boulangeries, les activités de fumage du poisson, ainsi que sous forme de copeaux destinés à alimenter certaines chaudières industrielles.
Mais son utilisation à grande échelle soulève des interrogations sur la composition des fumées produites lors de sa combustion et sur leurs éventuels effets sur les personnes exposées.
Pour le FIRCA, il ne s’agit donc pas de tirer des conclusions hâtives, mais de disposer de données scientifiques permettant de mieux mesurer la réalité du risque.
L’étude doit notamment permettre de déterminer précisément les composés chimiques présents dans les fumées issues de la combustion du bois d’hévéa.
Les chercheurs devront également évaluer les éventuels impacts de ces émissions sur la santé humaine, en portant une attention particulière aux professionnels et aux ménages régulièrement exposés aux fumées.
Les résultats attendus doivent enfin permettre d’éclairer les pouvoirs publics dans l’élaboration de mesures relatives à l’hygiène, à la santé et à la protection de l’environnement.
À terme, l’objectif est de proposer des guides de bonnes pratiques pour une utilisation mieux maîtrisée de cette ressource.
Cette démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur la valorisation de la biomasse et la transition vers des sources d’énergie renouvelables. Pour la filière hévéicole ivoirienne, l’enjeu consiste donc à valoriser davantage le bois issu des plantations en fin de cycle, tout en veillant à ce que son utilisation comme combustible repose sur des données scientifiques solides et des pratiques adaptées.
