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Côte d’Ivoire : l’ENSEA veut davantage de femmes dans les filières scientifiques

Par ESSOH EmmanuelLe vendredi 9 octobre 2026 à 16:25
Côte d’Ivoire : l’ENSEA veut davantage de femmes dans les filières scientifiques

À Abidjan, la CISEA 2026 met les femmes et les jeunes filles au cœur des enjeux liés aux sciences, aux technologies et au développement économique

Et si une plus grande présence des femmes dans les sciences pouvait contribuer directement au développement de l’Afrique ? C’est l’un des enjeux placés au cœur de la quatrième édition de la Conférence internationale de statistique et d’économie appliquée (CISEA 2026), ouverte le 6 octobre 2026 à Abidjan.  

Organisées par l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSEA), en collaboration avec l’ Africa Business and Entrepreneurship Research Society (ABERS), ces assises réunissent chercheurs, statisticiens, économistes et partenaires autour du thème : « Femme, STEM et développement : approches quantitatives et évaluation d’impact ».  

 À l’ouverture des travaux, le directeur général de l’ ENSEA, Dr Hugues Kouadio, a appelé à renforcer la participation des femmes et des jeunes filles dans les disciplines STEM – sciences, technologies, ingénierie et mathématiques.  

Pour le responsable de l’ ENSEA, l’accès des femmes aux filières scientifiques ne doit pas être considéré uniquement comme une question d’égalité. Il représente également, selon lui, un levier de développement économique et de prospérité pour les pays de la région.  

 L’enjeu commence très tôt. Il ne suffit pas d’encourager les jeunes filles à choisir les sciences au moment de l’orientation scolaire. Il faut également agir sur leur rapport aux mathématiques dès les premières années d’apprentissage, puis les accompagner jusqu’à leur insertion professionnelle.  

 La question se poursuit ensuite dans les carrières scientifiques, la recherche et la haute administration, où la présence féminine demeure un enjeu important.   

 La CISEA 2026 entend justement mettre les données et les méthodes quantitatives au service de cette réflexion. Environ 150 participants, parmi lesquels des chercheurs, statisticiens, économistes ainsi que des représentants de partenaires comme la Banque mondiale et l’ UEMOA, prennent part aux échanges.  

  L’objectif est notamment de mieux mesurer l’impact des politiques éducatives, mais aussi d’identifier les zones où les femmes restent insuffisamment visibles dans les statistiques nationales.  

 Car derrière les chiffres se trouvent des parcours, des ambitions et parfois des obstacles qui restent difficiles à mesurer.  

 À travers cette conférence, l’ ENSEA entend donc faire de la statistique et de l’économie appliquée des outils pour mieux comprendre ces écarts et orienter les politiques publiques.  

Cette démarche s’inscrit dans la continuité des initiatives de sensibilisation menées par l’institution, notamment à travers sa traditionnelle Caravane, destinée à rapprocher les jeunes filles des formations et métiers scientifiques.  

L’enjeu, au fond, est de permettre à davantage de filles de se projeter dans les STEM et, demain, de prendre pleinement leur place dans les métiers qui façonneront l’économie et les sociétés africaines.