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Accès à la justice en Côte d'Ivoire : le CNDH et l'OIF misent sur des recommandations concrètes pour les plus vulnérables

Par ESSOH EmmanuelLe lundi 28 septembre 2026 à 12:54
Accès à la justice en Côte d'Ivoire : le CNDH et l'OIF misent sur des recommandations concrètes pour les plus vulnérables

Le CNDH et l'OIF ont réuni, le 23 septembre 2026, acteurs publics et société civile pour formuler des recommandations visant à faciliter l'accès à la justice des populations vulnérables en Côte d'Ivoire

Reconnaître un droit sur le papier est une chose. Permettre à chacun de s'en saisir réellement en est une autre. C'est ce constat qui a guidé, mercredi 23 septembre 2026, la troisième session du mécanisme multi-acteurs « Droits de l'Homme et Corruption », organisée conjointement par le Conseil national des droits de l'homme (CNDH) et l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Placée sous l'intitulé « Le droit d'accès à la justice, pierre angulaire des droits de l'homme », la rencontre a réuni des acteurs venus d'horizons différents : institutions publiques, professionnels du droit, organisations de la société civile. La communication principale a été portée par Koné Nahouata, juriste et directeur central en charge de la lutte contre le blanchiment et la corruption, tandis que la session était présidée par Flora Yato-Koné, cheffe de cabinet, en représentation du président du CNDH, Dr Adjelou Arnaud Christian.

Dès l'ouverture de son intervention, Koné Nahouata a posé le cadre du débat : inscrire un droit dans un texte de loi ne garantit rien tant que la personne concernée ne dispose pas, dans les faits, d'un chemin réel et accessible vers un juge ou un mécanisme de règlement de son différend. Pour lui, l'accès à la justice n'est ni un luxe réservé aux juristes ni une simple abstraction technique. C'est, selon ses mots, la condition concrète sans laquelle l'ensemble des droits de l'homme resteraient de simples promesses non tenues.

Cette réflexion prend un relief particulier lorsqu'elle touche les populations les plus exposées. Difficultés financières, manque d'information sur leurs droits, éloignement géographique des services judiciaires : autant de freins qui peuvent, dans les faits, priver une partie de la population d'un accès réel à la justice, alors même que ce droit leur est reconnu sur le plan légal.

Les échanges ont également mis en lumière les liens étroits entre l'accès à la justice et la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux. Dans ce domaine précis, disposer de mécanismes accessibles et efficaces apparaît comme une condition essentielle pour permettre aux citoyens concernés de signaler des faits, de faire valoir leurs droits et d'obtenir une réponse des institutions compétentes.

À l'issue de la communication, les participants ont pris part à une séance d'échanges interactifs, dont sont sorties plusieurs recommandations. L'objectif : renforcer les mécanismes qui favorisent un meilleur accès à la justice, en particulier pour les personnes les plus vulnérables et dans les dossiers liés à la corruption et au blanchiment. Koné Nahouata a, à cette occasion, invité l'ensemble des parties prenantes institutions publiques, professionnels du droit, société civile et citoyens à prendre leur part dans cette dynamique.

Le message qui se dégage de cette troisième session est sans détour : la protection des droits humains ne peut être pleinement effective tant que les citoyens ne disposent pas de voies concrètes et accessibles pour obtenir justice. Reste, désormais, à transformer ce principe en réalité tangible pour les populations concernées.