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Koumassi : des centaines de femmes soutiennent Ibrahima Cissé Bacongo, pendant que l'enquête sur les démolitions avance

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 29 septembre 2026 à 10:38
Koumassi : des centaines de femmes soutiennent Ibrahima Cissé Bacongo, pendant que l'enquête sur les démolitions avance

À Koumassi, des centaines de femmes défendent le bilan d'Ibrahima Cissé Bacongo et demandent de ne pas le condamner avant la justice. L'enquête sur les démolitions du 3 juin avance

Le dimanche 27 septembre 2026, plusieurs centaines de femmes de Koumassi se sont retrouvées à la Maison Blanche de Koumassi. Sous le slogan « Ne touchez pas à notre Cissé Bacongo », elles ont adopté une motion de soutien à Ibrahima Cissé Bacongo, ancien maire de la commune et actuel ministre-gouverneur du District autonome d'Abidjan. Cette mobilisation survient alors qu'une information judiciaire est en cours sur les démolitions du 3 juin 2026 au quartier Koumassi-Campement.

Par la voix de leur porte-parole, Ange Duval, les femmes ont rappelé ce qui, selon elles, a changé à Koumassi sous ses mandats municipaux :

Éducation : plus de 80 % des établissements scolaires publics réhabilités

Routes : plus de 14 km de voies bitumées, pavées et éclairées entre 2018 et 2023

Commerce : modernisation du Grand Marché de Koumassi, du marché Djè Konan et des marchés spécialisés de Bia-Sud

Lieux de culte : réhabilitation de la Grande Mosquée et de l'église Notre-Dame de l'Assomption.

Compassion pour les familles, appel à la patience

Le collectif a exprimé sa solidarité envers les familles touchées par le déguerpissement du 3 juin. Il demande aux autorités, notamment au Président Alassane Ouattara, de ne pas condamner le Ministre-Gouverneur avant la fin de l'enquête. Les femmes appellent au calme et au respect des institutions, et disent attendre que la justice établisse les responsabilités.

Sur le plan judiciaire, le dossier a beaucoup avancé en septembre. Le Procureur de la République près le tribunal de première instance d'Abidjan, Braman Oumar Koné, a exposé les premiers éléments de l'instruction.

Des démolitions jugées illégales. Le parquet maintient que l'opération était illégale. L'opérateur privé au cœur du litige foncier, placé sous mandat de dépôt depuis la mi-juin, invoquait une décision de justice. Or, selon les vérifications du cadastre et du tribunal, elle ne visait que le déguerpissement de 5 habitations, sans ordre de démolition. Les bulldozers ont pourtant rasé 6,8 hectares, soit près de 250 lots.

Des auditions de haut niveau. Le juge d'instruction a entendu Ibrahima Cissé Bacongo, son Directeur de cabinet et le Directeur des services techniques du District, ainsi que le maire de Koumassi et le secrétaire Général de la mairie. Une audition n'est pas une mise en cause.

Un député visé. Mi-septembre, le procureur a demandé à l'Assemblée nationale la levée de l'immunité parlementaire d'un député, soupçonné d'être l'un des principaux instigateurs ou financiers de l'opération.

Sur le terrain, la tension reste vive. Le Collectif des victimes de Koumassi-Campement, qui évoque plus de 3 800 familles touchées, salue les avancées du procureur. Il demande d'aller plus vite et de desceller le site pour que les familles puissent se réinstaller ou faire valoir leurs droits.

Le porte-parole du Gouvernement, Amadou Coulibaly, a rappelé que l'affaire est désormais entre les mains de la justice. Il a aussi redit la position du chef de l'État, qui avait qualifié ces démolitions d'actions menées « hors du cadre » légal.

D'un côté, des habitantes défendent un bilan de développement. De l'autre, des milliers de familles attendent la vérité et réparation. La justice devra trancher.