Abuja : une magistrate libérienne élue à la tête de la Cour de justice de la CEDEAO

La magistrate libérienne Charlyne M. Brumskine a été élue présidente de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le mardi 13 octobre 2026, à Abuja, au Nigeria. Le magistrat béninois Désiré Henri Aihou devient le vice-président de cette juridiction régionale. Leur élection ouvre une nouvelle séquence pour une institution appelée à consolider la justice communautaire et la protection des droits fondamentaux dans un contexte régional marqué par d’importants défis politiques et institutionnels.
Le choix des deux responsables intervient à la suite du renouvellement du collège des juges de la Cour. Le 6 octobre dernier, cinq nouveaux magistrats avaient prêté serment à Abuja pour un mandat de quatre ans non renouvelable, couvrant la période 2026-2030. La cérémonie s’était déroulée sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal et président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO.
Charlyne M. Brumskine succède au magistrat cap-verdien Ricardo Cláudio Monteiro Gonçalves. Elle dirigera les travaux de la Cour pendant les deux prochaines années, conformément à la durée prévue pour les fonctions de président et de vice-président. À ses côtés, Désiré Henri Aihou participera à la conduite des affaires judiciaires et institutionnelles de la juridiction.
Au-delà du changement de personnes, cette transition intervient à un moment important pour la CEDEAO, confrontée à des enjeux de cohésion régionale, de gouvernance démocratique et de respect des libertés fondamentales. La Cour de justice communautaire joue un rôle essentiel dans l’interprétation et l’application des textes de l’organisation. Elle examine également, dans les limites de sa compétence, des requêtes relatives aux violations des droits humains. Son action constitue ainsi un recours juridique à l’échelle régionale pour les justiciables concernés.
La nouvelle équipe comprend également la Gambienne Awa Bah, la Nigériane Henrietta Uzoamaka Didigu et le Togolais Yaouza Ouro-Sama. Elle devra notamment accompagner la mise en œuvre du plan stratégique « Justice 2030 », qui ambitionne d’améliorer l’accès à la justice, l’efficacité institutionnelle et la confiance des populations dans la juridiction communautaire.
Reste désormais à mesurer les résultats concrets de cette nouvelle gouvernance. L’accessibilité des recours, la célérité du traitement des affaires et la portée effective des décisions seront autant d’indicateurs de sa capacité à répondre aux attentes des citoyens ouest-africains. Pour la Cour, l’enjeu ne sera pas seulement d’assurer la continuité institutionnelle, mais aussi de renforcer durablement la confiance dans la justice régionale.
